Parmi les grands voiliers attendus au festival des vieux gréements de Paimpol, aux côtés du Phoenix, du Grayhound, de l’Icône ou encore de l’Étoile Molène, le Mutin occupe une place toute particulière. Plus qu’un simple bateau, il est une véritable page d’histoire maritime encore en navigation.

Un voilier centenaire au parcours exceptionnel

Construit en 1926 aux Sables-d’Olonne sur le modèle des thoniers traditionnels, le Mutin est un dundee en bois de 33 mètres destiné à la formation des marins. Lancé en 1927, il devient rapidement un outil pédagogique pour les pilotes de la flotte française.

Son histoire prend une tournure singulière durant la Seconde Guerre mondiale. Réquisitionné par les services secrets britanniques (SOE), il est utilisé comme bateau espion, infiltrant des agents et soutenant la résistance sur les côtes européennes, jusqu’en Méditerranée.

À l’issue du conflit, il reprend sa vocation initiale : former les marins. Depuis les années 1960, il est rattaché à l’École navale et navigue toujours, faisant de lui la plus ancienne unité en service actif de la Marine nationale française.

Un rôle clé : former et transmettre

Aujourd’hui encore, le Mutin est un bateau-école. À son bord, les élèves apprennent les fondamentaux de la navigation à voile : manœuvres, esprit d’équipage, rigueur maritime.

Mais son rôle dépasse largement la formation. Il est aussi un ambassadeur du patrimoine maritime français, présent dans les grands rassemblements nautiques en Europe.

Une présence symbolique au festival de Paimpol

Au festival des vieux gréements, le Mutin incarne un lien unique entre passé et présent. Là où certains bateaux témoignent d’une époque révolue, lui continue de naviguer, de former et de représenter la Marine nationale.

Face à des navires emblématiques comme le Phoenix ou le Grayhound, il apporte une dimension supplémentaire : celle d’un bateau toujours en activité, chargé d’histoire et de missions.

Un patrimoine vivant

Plus qu’un vieux gréement, le Mutin est un symbole de transmission.

Son pont a vu passer des générations de marins, ses voiles ont traversé les guerres, et aujourd’hui encore, il poursuit sa route.

À Paimpol, il ne sera pas seulement à admirer : il sera le témoignage vivant que la tradition maritime française continue de se construire… en mer.